Le fonctionnement du marché de l'art contemporain

 

> Finalité :

  • Comprendre le fonctionnement du marché de l'art contemporain
  • Faire la lumière sur le processus attribuant à une oeuvre d'art une forte valeur financière

> Plan :

1. Introduction
2. Artistes

3. Galeristes / Distributeurs
4. Acheteurs : Collectionneurs et Investisseurs
5. Musées
6. Critiques

 

> Contexte :

Andy Warhol, Francis Bacon ou encore Alberto Giacometti : les oeuvres de ces artistes sont très réputées et valent parfois plusieurs millions de dollars. Un certain nombre d'acteurs sont impliqués dans ce processus de monétisation de l'art et l'objectif de ce Focus est de donner un aperçu des rôles et du fonctionnement de chacun d'entre eux.

 

 

1. Introduction

 

Andy Warhol, Francis Bacon ou encore Alberto Giacometti : les oeuvres de ces artistes sont très réputées et valent parfois plusieurs millions de dollars (cf. le classement des oeuvres les plus chères jamais vendues aux enchères). Un certain nombre d'acteurs sont impliqués dans ce processus de monétisation de l'art et l'objectif de ce Focus est de donner un aperçu des rôles et du fonctionnement de chacun d'entre eux.

L'art contemporain n'a pas de définition, mais il est généralement considéré comme l'art non traditionnel produit par des artistes viants. Les oeuvres d'art contemporain sont d'une infinie variété et il est intéressant de constater que l'innovantion générée par une oeuvre d'art peut perturber le statu quo culturel et ainsi changer la perception que l'on porte à une œuvre d'art.

Le marché de l'art se caractérise par une certaine opacité, des redondances et des incertitudes. Une oeuvre d'art n'est pas liquide ; elle possède des coûts de transaction élevés et des possibilités d'arbitrage limitées. Le marché est cyclique et n'est pas très concurrentiel : en 2012, il y avait environ 10.000 institutions publiques d'art et collections, 15.000 maisons de ventes, 250 foires et salons d'art, et 17.000 galeries dans le monde. Le monde de l'art dans son ensemble s'est professionnalisé au cours de la seconde moitié du 20eme siècle, conduisant à l'apparition de structures dans utilisant les outils marketing, financiers et des stratégies de vente pour se développer.

La production, la valorisation et la consommation de l'art contemporain est guidé par des forces culturelles et économiques qui se jouent sur les marchés primaires et secondaires. Les artistes cherchent l'attention des marchands d'art, qui, avec les maisons d'enchères, jouent un rôle important dans la détermination de ce qui est ou n'est pas novateur et important - et donc précieux dans le marché. Musées, collectionneurs et critiques jouent également un rôle important en impactant la perception du public et en valorisant des œuvres d'art, alors que les fournisseurs de services auxiliaires tels que les conseillers, les assureurs et les entreprises de services financiers soutiennent le fonctionnement du marché.

Sur le marché primaire, les artistes ont vendu leur travaux à des marchands.
Sur le marché secondaire, ces marchands vont à leur tour les revendre à des acheteurs, tels que des collectionneurs, des musées, d'autres courtiers ou des maisons d'enchères.

Les marchés primaires et secondaires ont commencé à fusionner lorsque les courtiers possédaient les deux écuries d'artistes et de collectionneurs. Cette structure, ainsi que l'augmentation de la richesse mondiale, a également facilité la croissance d'une bulle spéculative qui surgit en 2008 et l'apparition de marchés financiers mondiaux. Les ventes aux enchères d'art contemporain ont atteint 9,7 milliards de dollars dans le monde en 2014, avec 1200 œuvres vendues pour plus de 1 millions de dollars. En 2016, les artistes, les entreprises, les critiques, les institutions et les consommateurs constituent les marchés primaire et secondaire pour l'art contemporain, où les goûts, le statut et le revenu sont décidées par le biais d'un processus collectif.

2. Artistes

 

Le point de départ du marché de l'art contemporain, c'est l'artiste. Le marché dépend des créations des artistes pour exister. Pour réussir, les artistes doivent maîtriser de nombreuses compétences techniques, artistiques, marketing et savoir se constituer un réseau. Alors que les artistes non commerciaux tirent une récompense personnelle du processus de production de l'art, la création d'un produit souhaitable et commerciable reste essentielle à la survie de l'artiste dans le monde de l'art. Les bourses peuvent subventionner les artistes au début de leur carrière, mais après avoir quitté l'école, les artistes une fois formés doivent passer du temps à construire une réputation. Dans leurs studios, ils cherchent souvent l'expertise et la critique d'autres artistes ainsi que des conseils d'autres personnalités du monde de l'art comme les galeristes et les collectionneurs. Comme la reconnaissance du public reste essentielle à la réussite, les artistes cherchent à être représenter par des galeristes qui peuvent les aider à entrer dans les principales foires du monde de l'art, construire leur réputation aux yeux du public et les placer dans les collections de collectionneurs importants.

Les artistes vendent directement leurs oeuvres ou sont représentés par des galeristes ou des négociants. Les artistes avec une grande notoriété, c'est-à-dire avec une signature et un nom reconnu, ont un avantage sur les autres artistes et peuvent construire leur prestige en créant des œuvres perçues comme unique. Des prix ​sont ​décernés à des artistes à l'apogée de leur carrière : on en recensait 4500 dans la première décennie du 21eme siècle, pour un total de 100 millions de dollars. Ils peuvent attirer l'attention du public et avoir un impact sur les prix des œuvres d'un artiste, mais ils sont généralement reçu par un artiste seulement après avoir été reconnu par un expert.

 

3. Galeristes

 

Les galeristes font la jonction entre les artistes et le public. Les galeristes remplissent de nombreuses fonctions, sans s'y limiter: la vente d'oeuvres d'art dans leur galerie et dans des foires, ils organisent eux-mêmes des vernissages et accueillent des expositions d'artistes / styles qu'ils représentent, ils interprétent et expliquent l'art au grand public, font de la publicité dans des revues de premier plan et du prêt à d'autres institutions.

Les galeries ont été accusés de restreindre l'accès des artistes sur le marché tout en créant simultanément un seuil «psychologique» devant leurs portes, permettant seulement à quelques privilégiés d'accéder à leur art. Les Galeristes sont généralement positionnés entre les artistes et toute autre entité et il est très difficile pour les artistes de se faire un nom sans leur aide.

Les galeries sont des entreprises à risques. En 2000, on estime que 75% des galeries d'art contemporain ont fermé dans les cinq années suivant leur ouverture. Bien qu'elles construisent des relations privilégiées avec les collectionneurs, de nombreuses galeries ont succombé à des pressions concurrentielles.

Les galeries se constituent généralement une écurie d'artistes (entre 18-24) et organisent des évènements environ tous les 18 mois pour chacun d'eux et/ou ils peuvent aussi acheter des oeuvres à la carte. Les galeries identifient les artistes grâce à la différenciation horizontale : elles recherchent un style innovant commun à un groupe d'artistes pour se tailler une niche dans le marché et ainsi attirer l'attention du monde de l'art contemporain. En collaborant et en communiquant avec des galeries traitant des mêmes styles dans d'autres villes, les galeristes établissent un réseau d'acheteurs. Les galeries se distinguent également par une intégration verticale : soit en excellant dans la découverte et de la gestion d'une portefeuille d'artistes soit en excellant dans la promotion dans le monde de l'art.


Une fois que les galeristes identifient les artistes qu'ils souhaitent représenter, ils négocient les conditions de leur relation.
Les artistes et les galeristes renoncent souvent à des contrats en raison de leur inapplicabilité. Il y a des risques à de tels accords, à la fois pour l'artiste comme pour le galeriste. Ils peuvent être opportuniste pour le galeriste qui doit faire confiance à l'artiste pour ne pas qu'il se livre à des ventes directes et l'artiste doit faire confiance au galeriste pour qu'il déclare ses ventes et le rémunére convenablement. Ainsi, les deux parties se livrent souvent à des contrats informels liés par des obligations morales : le galeriste s'engage à promouvoir l'artiste tandis que celui-ci céde ses droits à la représentation exclusive et une part de son chiffre d'affaire.

4. Acheteurs : collectionneurs et investisseurs

 

Même si les magasins

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